L’historique de l’hôtel la Prairie en résumé

Souvent les villes ont un bâtiment symbolique. Une sorte d’icône. Une référence parfois plus sentimentale qu’esthétique. Un endroit lié à des personnalités marquantes ou qui l’ont été. A des évènements aussi. L’Hôtel la Prairie est tout cela à la fois.

Certes « La Prairie » n’a pas toujours connu des jours faciles mais elle a toujours pu exister grâce à la volonté, à l’engagement mais surtout à la passion de trois personnalités : Otto Rohrer, Charles Decker et Jean-Claude Vagnières. Trois hommes d’affaires qui n’ont aucune formation hôtelière mais qui tour à tour, ont aimé ces lieux et en ont fait un des joyaux de la région.

Tout au long de l’histoire, la source thermale d’Yverdon a joué un rôle important dans les activités touristiques et économiques de cette petite ville de province, bien située sur le plateau Suisse. L’évolution la Prairie est intimement liée à celle du thermalisme.

Entre 1825-1828, l’hôtel des Bains est agrandi. Tous les curistes ne pouvant s’offrir un séjour à l’hôtel, une pension-le premier immeuble de la Prairie- est construite à proximité.

Durant toute cette période, la pension Peytermann (La Prairie) vit au gré des crises et des relances, à l’ombre ou au soleil des bains.

La Prairie (Pension Peytermann) conservera ce statut jusqu’à l’arrivée d’un nouveau propriétaire particulièrement dynamique, Otto Rohrer, qui veut donner de la splendeur aux lieux. Il a été le premier à percevoir le potentiel offert par le parc de 62000 m2 qui entoure le bâtiment d’origine.

Il ambitionne de faire de cette pension un véritable hôtel. Il sera agrandi entre 1905 et 1910, destiné à une clientèle plus aisée.

La Grande guerre (14-18) anéantit l’économie européenne et le thermalisme est frappé de plein fouet. L’hôtel des Bains est menacé de disparation.

Puzant Masraff (homme d’affaire arménien) acquiert une partie de la Prairie en 1921,

Fermeture de l’Hôtel des Bains en 1932. La Prairie est le seul établissement à la disposition des curistes venant aux Bains d’Yverdon. S’il n’accueille guère des touristes durant le grand conflit mondial qui ravage l’Europe, l’hôtel la Prairie accueille de nombreux militaires, puis des réfugiés.

 

La famille Rohrer songe sérieusement à vendre la Prairie et c’est dans ces circonstances que Charles Decker achète l’hôtel dans en 1946.

Si la Prairie a longtemps vécu dans le sillage des Bains, il va en être autrement dans l’après-guerre. Au sortir du conflit, l’établissement est dans un triste état.

Dans les année 50 le minigolf est construit. On songe aussi au Jardin ouvert, un lieu d’épanouissement offert aux familles par ce mécène qui avait Yverdon dans le sang.

Charles Decker engage André et Eva Curchod. Le propriétaire a fait le transfert du siècle. Car André et son épouse Eva, un couple indissociable de la plus longue période faste de l’hôtel, forment une paire à succès.

Le livre d’Or durant cette période, soigneusement conservé par Jean-Paul Curchod, recèle nombre de commentaire élogieux rédigés par des personnalités du monde de spectacle, du sport et de la politique.

Qu’on le veuille ou non, le reste de l’hôtel La Prairie est indisocié à celui des Bains. La longue et fructueuse période de collaboration de plus de 30 ans avec la famille Curchod à marquer à jamais Charles Decker.

La Prairie est restée un lieu où on mange bien et un espace privilégié de la capitale du Nord-Vaudois.

En reprenant La Prairie, le nouveau propriétaire Jean-Claude Vagnières sait à quoi s’attendre. Il assure une transition en douceur avec le personnel en place, affûte sa stratégie et prépare de grands travaux visant à porter cet établissement historique à un niveau jamais atteint jusqu’à ici